Misère du bouc émissaire

En ce weekend pascal, G se retrouve bien seul, sa douce moitié s'en étant retournée vadrouiller dans son Algérie natale, mais il est déterminé à avancer dans les travaux.

Quand il arrive sur place, il aperçoit un gros bouc qui bêle dans la propriété. Ses bas instincts le font d'abord s'imaginer embrocher l'animal, mais il se rend compte que cela pourrait causer quelques problèmes de voisinage. Ayant déjà reçu la visite de plusieurs chevrettes, il en déduit que c'est de nouveau le voisin du dessous qui laisse vaquer ses bêtes et commence par le guider et pousser en direction du portail conduisant vers la descente, quand il remarque une autre voisine qui appelle et gesticule de l'autre côté de la propriété. "Il êêêêêst à moi!" bêle-t-elle. G fait donc demi-tour et le lui ramène. "Il s'êêêêst, ... s'eêêêst sauvé et a sauté par-dessus la cloison." Le capriné est ramené à bon port, mais la voisine interpelle encore G sur la cloison qui est effectivement en piteux état. "Mais, ...meeeh, regardez comme eeeelle, eeelle penche! Il faudra penser à la remplacer, c'êêêest votre talus qui a fait ça." Le ton n'est pas franchement amical, alors G prend vite un peu de distance. "Oui, oui. On verra, ce n'est pas une priorité." répond-il avec aplomb. Non, mêeeh.

A l'intérieur, G commence par poncer les passages de portes et les bibliothèques, ce qui soulève un gros nuage de poussière. Une fois le ponçage terminé, il passe encore une couche de fond dur pour leur protection. Il pousse quelques bons jurons quand une des portes tombe à cause d'un tréteau défaillant, puis reprend sa routine en sifflotant le Pont de la Rivière Kwai.

Il passe ensuite aux volets de la salle à manger auxquels il applique une bonne couche de lasure. En attendant que les volets sèchent, G se lance dans une opération périlleuse. Monter le frigo au premier étage dans la cuisine. Étant seul, il essaie de le faire rouler sur un petit chariot à roulettes, mais mal lui en prend, car le frigo est trop haut pour passer la porte de la cave. Dépité, il s'assied et pose son menton dans sa main et le coude sur le genou pour réfléchir. Heureusement, à ce moment précis débarque S la véto accompagnée d'un homme à tout faire et d'un jeune couple avec des enfants qui ramènent les ânes dans le pré. G demande gentiment au jeune père s'il peut lui donner un petit coup de main pour porter le frigo et celui-ci accepte bien volontiers. Une belle démonstration de l'adage selon lequel tout vient à point à qui sait attendre.

La véto lui propose d'installer une clôture sur le talus pour y installer des chèvres qui pourraient grignoter les ronces. G n'y croit pas trop, son expérience lui ayant trop souvent montré qu'elles préfèrent nettement les feuilles de vigne, mais il lui donne carte blanche. G demande si elle serait intéressée à récupérer  la ruine de la charrue qui gît dans le jardin, et l'homme à tout faire répond du tac au tac: "Mais ce n'est pas une charrue ça. C'est un tire-balle!". G s'excuse de la méprise, mais même avec la bonne terminologie, personne n'est intéressé par la ruine. Elle finira donc à la déchèterie. G apprend aussi que la chatte qui rôde a eu une portée qu'elle cache dans l'écurie de la dépendance. "Je vais la stériliser sinon ça va être l'invasion!".

Pendant qu'ils palabrent, le voisin terrassier s'arrête pour prendre des nouvelles et les informer que le propriétaire historique est décédé récemment. G apprend aussi que la société Orange l'a interpellé sur des arbres à tailler autour de leurs poteaux de téléphonie et qu'ils vont probablement faire de même avec lui, car les poteaux sont plutôt dans ses bois.

Enfin, tout ce beau monde se sépare et G peut reprendre quelques tâches de maintenance. Il change le cylindre du garage dont la clé avait été égarée, il tond l'herbe et passe un coup de débroussailleuse, avant de rentrer se doucher tant il a l'impression de sentir le bouc!

 

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